Le manifeste
Il y a une place pour vous à table.
Le 13 juillet 1965, les femmes mariées ont obtenu le droit d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de leur mari. Ce jour là, une femme a pu, pour la première fois, décider seule de son argent.
Soixante ans plus tard, cet argent, nous l'avons gagné.
Nous avons créé des entreprises, et nous les avons vendues. Nous dirigeons des équipes, nous touchons des bonus et des dividendes, notre trésorerie se constitue dans nos sociétés et dans nos cabinets. Nous savons parler de notre chiffre d'affaires. Jamais de notre patrimoine.
Alors l'argent dort.
Il dort parce que personne de neutre ne répond à nos questions. Parce qu'on nous vend des produits au lieu de nous écouter. Parce que la finance parle une langue faite pour nous tenir à distance, et qu'en rendez vous, c'est encore trop souvent à notre mari qu'on s'adresse. Parce que nous n'avons pas le temps. Parce que nous sommes seules face à ces décisions. Et chaque année qui passe sans décider a un prix.
Nous l'avons vécu.
Nous nous connaissons depuis cinq ans, et nos histoires se ressemblent. Toutes les deux, nous avons créé jeunes. Toutes les deux, nous avons dirigé.
Emmanuelle a bâti en quinze ans une entreprise de plusieurs millions d'euros dans la beauté. En 2020, elle la vend. Au même moment, elle divorce. Les sollicitations pleuvent. Une question l'obsède : comment faire vivre cet argent, et en vivre, sans se tromper ? Alors elle apprend seule. Tout. Aujourd'hui, elle vit des revenus de son capital.
Ophélie a fondé ZAC et a vu les bénéfices arriver dans sa holding. À son tour, elle se retrouve face à cet argent, avec une seule question : qu'est ce que je vais en faire ? Les mêmes interlocuteurs se pressent, avec des produits qu'elle ne comprend pas et toujours le même discours : « Nous sommes les professionnels, faites nous confiance. » Mais comment faire confiance à des inconnus ? Elle se tourne vers Emmanuelle, pour un retour d'expérience. Depuis, elles s'entraident pour avancer.
Ensemble, nous avons compris une chose : pour oser décider, il faut de la confiance, et voir ce que font ses pairs.
Treize Juillet est né de là.
Un club de femmes qui ont de l'argent à investir et qui veulent décider elles mêmes. Pas pour qu'on décide à leur place. Pour comprendre. Pour oser poser les bonnes questions à son banquier, à son notaire, à son expert comptable. Et pour passer à l'action.
Six soirées par an, dans des lieux d'exception. Une membre partage son cas, préparé en amont avec l'experte choisie pour elle. L'experte pose le cadre. Puis l'experte et la table aident une autre membre à y voir clair sur sa situation. Entre deux soirées, le cercle continue.
Nos règles sont simples. Personne ne vend rien à table, pas même les lieux qui nous reçoivent. Aucune commission. Ce qui se dit ici reste ici. Et personne n'est obligée de donner un chiffre.
Notre promesse tient en une ligne : plus une seule année sans décider.
Ophélie Vanbremeersch et Emmanuelle Tkacz
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